Le secteur financier reste un pilier économique majeur de la Suisse

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Selon une étude mandatée par l’ASB (Association suisse des banquiers) et l’ASA (Association Suisse des Assurances) et menée par Polynomics, les banques et les assurances ont réalisé en 2016 CHF 60 milliards de valeur ajoutée brute, contribuant ainsi pour 9.4% de la valeur ajoutée brute de la Suisse. L’importance économique du secteur financier de notre pays est ainsi plus importante que dans la moyenne des pays voisin et au Royaume-Uni.

Le secteur fournit également du travail à 210’000 employés en équivalent plein temps (soit 5.6% des tous les actifs suisses) et a participé à un dixième (CHF 14.5 milliards) des recettes fiscales totales.

Les effets indirects sur d’autres pans de l’économie sont également non-négligeables : les sous-traitants et prestataires du secteur financier ont eux aussi contribué à créer CHF 21.7 milliards de valeur ajoutée supplémentaire et 230’000 emplois de plus, générant CHF 2.6 milliards d’impôts additionnels.

Au total, la finance suisse a ainsi généré CHF 81.5 milliards de valeur ajoutée brute, 449’400 emplois (EPT) et CHF 17.1 milliards d’impôts.

Léger recul en 2016

Il faut toutefois relever que la valeur ajoutée produite en 2016 a reculé de 3% par rapport à l’année précédente et que les emplois dans l’ensemble du secteur ont également diminué par rapport à 2015.

Le secteur financier a toutefois enregistré une augmentation de la valeur ajoutée au cours du 1er semestre 2017 et les experts intéerrogés dans le cadre de l’étude tablent sur une croissance moyenne de la valeur ajoutée de 1.2%. Malheureusement, ces derniers prévoient une baisse de l’emploi de 0.7% en 2017, ce qui est malgré tout légèrement mieux qu’en 2016, où le recul avait été de 1%.

Consolidation et numérisation à prévoir

La numérisation à venir ouvre de nouvelles opportunités pour les banques, avec une optimisation des processus et l’émergence de nouvelles prestations. Des tendances comme les robo-advisors, l’intelligence artificielle et le Big Data devraient profondément modifier la relation avec les clients. Du fait des investissements nécessaires, ce sont toutefois les établissements bien établis qui devraient en profiter en premier lieu.

Enfin, les experts prévoient une poursuite de la concentration dans le secteur financier, en raison des acquisitions et partenariats plus fréquents entre des sociétés de la FinTech et des entreprises établies, de la spécialisation due à la rupture de la chaîne de valeur ajoutée et des économies d’échelle en raison d’investissements plus élevés dans l’informatique.

Les acteurs devront également correctement appréhender les enjeux qui découleront de l’adoption de nouvelles réglementations pour la protection des données ou de la nécessité de rapprochement stratégique avec les FinTechs. En fonction de la manière dont ces réglementations seront établies en Suisse et à l’international, leur impact sur le secteur financier suisse sera soit positif, soit négatif.

Pour la compétitivité de la place financière, c’est la disponibilité de collaborateurs hautement qualifiés et la stabilité politique qui feront la
différence, ainsi que la proximité avec des entreprises informatiques innovantes.