Place financière suisse : symbiose entre gestion privée et institutionnelle

La dernière étude publiée conjointement par l’ASB et The Boston Consulting Group confirme, s’il était besoin, l’importance de la gestion de fortune pour la place financière suisse (voir l’étude intégrale).

Se basant sur un questionnaire rempli par 47 gérants de fortune de notre pays et sur des interviews d’experts, l’enquête montre que CHF 3’400 milliards d’actifs étaient gérés en Suisse en 2017. Ce chiffre comprend les fonds de placement, ainsi que les mandats de gestion et de conseil pour une clientèle privée et institutionnelle.

L’activité de gestion de fortune a enregistré une progression de +13% en 2017, la part de chacun des sous-secteurs restant stable.

La gestion de fortune représente ainsi 5 fois le PIB suisse et près de 4 fois le total des actifs de prévoyance suisses. En termes d’effectifs, cette activité employait 32% des employés du secteur financier suisse en 2017.

Environ un tiers de cette fortune est géré pour le compte de clients étrangers.

En 2017, l’activité de gestion de fortune a généré CHF 20 milliards de revenus en 2017, contre CHF 17 milliards en 2016 (+17.6%). Ce montant représente approximativement 25% des revenus générés par le secteur financier suisse, hors assurances.

L’une des spécificités de la gestion de fortune suisse est la forte symbiose qui existe entre gestion privée et institutionnelle, deux activités qui s’enrichissent mutuellement et favorisent l’innovation.

De fait, alors que la gestion indicielle connaît un développement sans précédent dans le reste du monde, l’industrie de la gestion de fortune suisse se concentre clairement sur la gestion active, qui représente 76% des actifs.

5 points-clés sur la gestion de fortune suisse

  • Attractivité. La Suisse offre de bonnes conditions pour les gérants de fortune, ce qui permet d’attirer les meilleurs talents.
  • Compétitivité. Un tiers des actifs gérés en Suisse le sont pour des clients étrangers, ce qui démontre la compétitivité internationale de cette activité, qui est une vraie industrie d’exportation.
  • Innovation. La combinaison rare entre gestion privée et institutionnelle stimule l’innovation. Les actifs alternatifs représentent ainsi une proportion nettement supérieure à la moyenne mondiale.
  • Ouverture. La place financière est particulièrement libérale et ouverte aux produits étrangers.
  • Sophistication. La Suisse propose une gestion hautement sophistiquée qui se distingue de nombreuses places financières, notamment avec des produits structurés et les produits alternatifs.

Deux axes de développement

Face à la compression des marges, on assiste à une polarisation vers les deux extrémités du marché, à savoir d’une part, les produits de masse à bas coût (comme les ETFs) et d’autre part, les stratégies à haute valeur ajoutée, plus spécialisées mais offrant de meilleurs marges (comme les placements alternatifs ou le private equity).

Les acteurs visant le segment moyen devraient subir une pression croissante et se trouvent donc dans une position inconfortable.