Les produits extraordinaires sauvent les résultats de Cramer

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La banque Cramer a connu un exercice 2018 mitigé, avec un recul des actifs gérés et des revenus opérationnels largement compensé par des produits extraordinaires qui lui ont permis d’enregistrer une hausse marquée de son bénéfice net.

Sous l’effet combiné de la baisse des marchés, de sorties nettes de fonds (CHF 163 millions) et surtout de la diminution des crédits octroyés dans l’activité « Structured Finance » (CHF 543 millions), les actifs en gestion ont reculé de 26.2% pour totaliser CHF 2.7 milliards à fin 2018 (2017 : CHF 3.7 milliards). Les avoirs gérés par A.M.&C. Finance (CHF 154.8 millions) ne sont pas inclus.

Les revenus d’exploitation ont reculé de 20.5% pour s’établir à CHF 45.4 millions. Cette baisse s’explique principalement par le recentrage stratégique de la Banque sur le Private Banking pur, ce qui s’est traduit par la fermeture de plus de 1’200 comptes de petite taille.

Pour leur part, les charges d’exploitation ont diminué de 10.5%, grâce à l’effort de simplification et de rationalisation des activités. A fin 2018, la banque comptait 105 collaborateurs (EPT), contre 108 un an plus tôt.

Du point de vue opérationnel, l’exercice 2018 se traduit ainsi par une perte d’exploitation de CHF 4.4 millions, à comparer avec un bénéfice de CHF 3.5 millions en 2017.

Toutefois, grâce à la cession en avril 2018 de 85% de la filiale bahamienne Private Investment Bank Ltd pour un montant de CHF 21.2 millions, la banque Cramer enregistre un bénéfice net 2018 de CHF 17.4 millions, en forte hausse par rapport à 2017 (CHF 4 millions).

A noter que l’acquisition à fin décembre 2018 du gestionnaire luganais A.M.&C. Finance pour CHF 2 millions semble poser problème. En effet, une note au rapport annuel indique que la Banque estime « avoir conclu le contrat d’acquisition de cette société sous l’emprise d’une erreur essentielle (art. 23/24 du Code des Obligations) » et qu’elle  envisage désormais d’annuler ce contrat. Des discussions sont actuellement en cours avec les vendeurs. La Banque a estimé des coûts à hauteur de CHF 500’000 en cas d’annulation de ce contrat. Au 31 décembre 2018, une provision pour plaintes et procédures juridiques a également été constituée pour un montant de CHF 987’000.