Les petites banques privées ont perdu de l’argent en 2018

La dernière étude du consultant PwC consacrée aux banques privées suisses montre à quel point l’année 2018 a été difficile pour l’industrie, en particulier pour les plus petits instituts (actifs gérés de moins de CHF 2 milliards).

En effet, au niveau global, les actifs gérés ont chuté de 5.5% en 2018, l’effet négatif des marchés (-5.7%) n’étant que très partiellement compensé par des entrées de fonds nettes de +0.2% (+0.1% pour les plus petites banques).

Par ailleurs, l’étude révèle que, contrairement à ce que l’on aurait pu croire, ce sont les petits acteurs qui ont la plus grande proportion de comptes sous mandat « advisory » ou non-gérés. De fait, cette part s’élevait à 72% des actifs en gestion contre 64% dans les grandes banques. Les petites banques ont pourtant plus de comptes gérés de façon discrétionnaire (26% contre 21% pour les grands noms), mais le pourcentage des actifs investis en fonds maison reste bien plus faible (2%) que dans les plus grands établissements (15% dans les banques ayant plus de CHF 10 milliards d’actifs gérés).

Handicapée par des marchés financiers en baisse, la marge de revenus des banques privées a baissé de 89 points de base en 2017 à 86 pb en 2018. Ce recul a été particulièrement important dans les plus petites banques, dont les revenus médians sont passés de 105 pb en 2017 à 90 pb en 2018.

Les dépenses étant restées stables à 74 pb, la marge bénéficiaire médiane a encore baissé en 2018, pour atteindre le niveau historiquement bas de 12 points de base. D’ailleurs, 52% des petites banques ont enregistré une perte opérationnelle l’an passé, avec une perte médiane de -5 points de base.

Evolution du ratio Cost/Income

PwC, Private Banking Switzerland, Market Update, Juillet 2019

En conséquence, le ratio Charges/Revenus, qui est le principal indicateur d’efficience d’une banque privée, a augmenté globalement de 64% en 2017 à 84.6% en 2018. Chez les petits établissements, cet indicateur est même passé de 85% à 101%.

Ces problèmes de profitabilité montrent que les acteurs de petite taille n’ont pas une taille suffisante pour pouvoir rentabiliser leur infrastructure. Il faut donc s’attendre à une poursuite du mouvement de consolidation. Au cours de 5 dernières années, le nombre de banques de gestion a d’ailleurs baissé de 16% en Suisse, alors que ce recul n’était que de 10% sur l’ensemble des banques.

Seul point positif pour notre région, les banques privées romandes sont en tête en termes de profitabilité, les 5 les plus profitables au niveau suisse étant toutes basées à Genève avec des rendements des capitaux propres (ROE) supérieurs à 15%.