Boris Collardi blâmé par la FINMA

La FINMA a prononcé un blâme à l’encontre de Boris Collardi, actuel associé de Pictet, pour des manquements en matière de lutte contre le blanchiment d’argent remontant à l’époque où il était CEO de Julius Baer.

Au total, 4 cadres supérieurs de Julius Baer étaient visés par le régulateur. Dans l’un des cas, la FINMA a entamé une procédure d’ « enforcement ». Dans deux autres cas (dont celui de Boris Collardi), elle a prononcé un blâme. Dans le dernier cas, elle a décidé de ne pas ouvrir une procédure, car le cadre en question a renoncé à exercer toute fonction de direction dans un établissement soumis à sa surveillance.

Dans une déclaration envoyée aux médias, Boris Collardi s’est déclaré à titre personnel satisfait de la fin de la procédure de clarification de la FINMA à son encontre et a accepté le blâme prononcé à son encontre. Pour sa part, la banque Pictet a réaffirmé son soutien à Boris Collardi, « qui a toute (sa) confiance »

La FINMA étudiait le comportement de plus de 30 banques suisses dans le cadre d’une affaire de corruption présumée liée au groupe pétrolier vénézuélien PDVSA et à la FIFA. Au total, 5 procédures d’enforcement ont été ouvertes pour éclaircir des indices concrets de violations des dispositions en matière de lutte contre le blanchiment.

Il y a un peu moins d’un an, la FINMA avait constaté de graves manquements chez Julius Baer et avait ouvert une enquête sur les dirigeants responsables de ces manquements (lire notre article à ce sujet).

En cas de graves violations prudentielles, la FINMA peut interdire aux personnes responsables d’occuper une fonction dirigeante dans un établissement assujetti à sa surveillance, pour une durée maximale de 5 ans. Depuis 2014, la FINMA a ainsi prononcé une soixantaine d’interdictions d’exercer.

Pour prononcer une interdiction d’exercer, la FINMA doit pouvoir prouver la responsabilité directe, individuelle et causale d’une personne dans une grave violation du droit de la surveillance. Elle ne peut simplement déduire qu’une personne est responsable d’une violation en se fondant sur sa position hiérarchique ou sur des décisions de principe d’ordre stratégique. Dans le cas des deux dirigeants blâmés chez Julius Baer, il y avait certes des erreurs, mais pas d’éléments suffisant à fonder une responsabilité directe et causale pour une grave violation du droit de la surveillance.