BNP Paribas a confiance dans le marché suisse

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Geoffroy Bazin, CEO de BNP Paribas (Suisse), a présenté vendredi dernier aux médias la stratégie de développement de la Banque en Suisse pour les 4 prochaines années.

Après 3 ans de restructuration et de remise en question, il a ainsi affirmé la confiance et les ambitions de BNP Paribas pour le marché suisse, où elle est implantée depuis 140 ans. A l’horizon 2020, BNP Paribas ambitionne ainsi de devenir la banque européenne de référence en Suisse, à travers la clientèle des entreprises, des investisseurs institutionnels et des grandes fortunes privées.

Dans son plan d’action « Swiss Forward », BNP Paribas prévoit de faire passer ses revenus opérationnels de CHF 380 millions à CHF 500 millions en 2020, soit une progression de plus de 30%. Pour y parvenir, elle mise sur 3 axes de développement :

  • Développement de ses activités « entreprises » en direction les grosses PME suisses, notamment exportatrices. En effet, très concentrée jusqu’à présent sur les grands noms, la division « Corporate & Institutional Banking » de BNP Paribas Suisse entend s’attaquer également aux entreprises dès CHF 250 millions de chiffre d’affaires. La banque a ainsi identifié 400 cibles et s’est fixé pour objectif de gagner entre 15 et 20 nouveaux clients par année. Pour les attirer, BNP Paribas entend s’appuyer sur les ressources du Groupe pour leur offrir une solution bancaire unique permettant de couvrir leurs besoins de gestion de liquidités, de financement de bilan, d’immobilier d’exploitation, d’encours clients ou des postes fournisseurs, ainsi que de gestion du risque. BNP Paribas Suisse joue ici le rôle de relais commercial des compétences d’ingénierie et de trading du Groupe. 4 commerciaux ont d’ailleurs été recrutés à Zurich dans ce but.
  • Doublement d’ici 2020 des revenus de la division « Specialized Trade Solutions ». Au cours des dernières années, BNP s’est livrée à un nettoyage important de ses clients dans le trading, passant de 2’500 comptes, pas toujours très actifs, à 250 aujourd’hui. La banque entend se concentrer sur les clients offrant un réel potentiel de croissance et qui possèdent une taille et une solidité suffisante, tout en faisant preuve d’une bonne transparence. Elle souhaite également délaisser les purs spéculateurs pour se limiter aux acteurs jouant un vrai rôle dans la chaîne de valeur. BNP Paribas Suisse s’est également fixé des critères éthiques et un code de conduite. Elle est notamment sortie du négoce du charbon et de l’huile de palme. Pour attirer ses clients, BNP Paribas propose son savoir-faire à toutes les étapes de l’achat des matières premières, comme la sécurité logistique et des financements transactionnels spécifiques. Le Trade Finance devrait ainsi représenter à terme 1/3 des revenus (contre 60% à 70% dans le passé)
  • Augmentation d’un tiers des actifs de la gestion privée, en passant de CHF 24 milliards d’avoirs gérés à CHF 32 milliards en 2020. Pour mémoire, les AuMs s’élevaient à CHF 35 milliards au plus haut. De fait, BNP Paribas a subi une vraie cure d’amaigrissement, du fait des rapatriements – forcés ou non – et d’un recentrage sur 60 marchés contre 150 auparavant. La banque est ainsi sortie de la plupart des pays africains. Pour assurer sa croissance organique, elle a recruté 30 chargés de relation depuis 2016 et entend en engager 10 de plus. Elle recherche également à acquérir de la clientèle à travers d’ « asset deals ». Pour séduire la clientèle HNW, BNP Paribas Suisse compte sur 3 atouts : un accès aux services de toutes les lignes d’affaires du Groupe, une forte capacité de crédit (avec par exemple du crédit hypothécaire ou le financement d’avions privés ou de yachts) et sa compétence en investissement, traditionnels ou directs. BNP Paribas Suisse dispose également de ressources importantes dans le wealth planning.

Le Groupe emploie environ 1’400 personnes en Suisse, dont quelque 1’200 à Genève et près de 200 à Zurich, un chiffre qui est appelé à augmenter à l’avenir. Les deux autres bureaux de Lugano et Locarno comptent une dizaine d’employés chacun. D’ici 5 ans, BNP Paribas prévoit de renforcer les équipes commerciales, de création et gestion de produits, ainsi que celles en charge de la gestion du risque. En revanche, le traitement administratif des opérations devrait connaître une industrialisation des processus et une automatisation croissante, ce qui se traduira par des réductions de postes dans les départements IT et back-office. De fait, BNP Paribas espère réaliser des économies de CHF 40 millions par an sur un total de CHF 370 millions de charges opérationnelles. Pour ce faire, elle va investir CHF 40 millions et a sous-traité des opérations auprès d’une société du Groupe au Portugal.