5 pistes pour la place financière (1/5)

Finance Corner - 5 pistes pour la place financière 5 pistes pour la place financière

Profitant de l’actualité moins chargée durant la pause estivale, Finance Corner laisse pour un temps de côté les nouvelles « corporate » quotidiennes pour se livrer à une réflexion plus fondamentale sur l’avenir de notre place financière.

Plutôt que de nous morfondre sur l’air de « c’était mieux avant », nous proposons 5 pistes de réflexion, qui vont parfois à contre-courant des tendances du moment et qui seront développées au cours des 5 prochains jours.

Ces idées visent avant tout à provoquer le débat et à susciter la réflexion. Alors, n’hésitez pas à les partager largement sur les réseaux sociaux!

Piste 1: Défendre la gestion offshore

A l’heure où l’on ne parle plus que de gestion fiscalement conforme et de problèmes transfrontaliers, les différents acteurs de la place s’orientent de plus en plus vers une délocalisation de leurs activités, en particulier en Europe. Chaque banque privée ou gérant d’actifs qui se respecte est déjà implanté ou projette de s’installer dans l’Union Européenne pour disposer ainsi du passeport européen.

Il serait toutefois faux de renoncer pour autant à développer l’activité offshore. Tout d’abord, qu’on le veuille ou non, la Suisse a un véritable rôle de pays-refuge qu’il est vain de nier et dont il faut au contraire être fier. On le voit à chaque crise financière, politique ou économique, les capitaux, désormais en règle avec le fisc, affluent en Suisse du monde entier afin d’éviter la nationalisation, la dévaluation ou la confiscation. Et sans aller jusqu’à des situations aussi extrêmes, on a vu avec les récentes amnisties fiscales en Italie ou en Espagne que les clients des banques suisses préféraient souvent rester sur place que de rapatrier leurs fonds dans leur pays.

Plus fondamentalement, il ne faut pas oublier que l’une des forces majeures de la gestion suisse vient de la diversité de sa clientèle. En effet, si les banques de notre pays ont développé une compétence inégalée en matière d’investissement international et ont notamment acquis une connaissance approfondie du monde des hedge funds, c’est le plus souvent parce qu’au départ, un client étranger leur avait demandé d’investir dans telle société de son pays d’origine ou dans tel fonds recommandé par un ami lors d’un dîner à New York.

A l’inverse, on peut sans risque affirmer qu’un gérant parisien n’aura pratiquement que des clients français et qu’une société de gestion italienne n’attirera qu’une clientèle transalpine. De même, on imagine mal un investisseur allemand ouvrir un compte de gestion privée à Madrid. De fait, hors de Suisse, une banque privée n’a le plus souvent qu’une clientèle nationale. Si cette spécialisation extrême permet sans doute de développer une expertise dans un domaine étroit comme la fiscalité, elle s’apparente tout de même à une monoculture qui conduit forcément à terme à un appauvrissement.

Cette richesse unique, il faut d’abord en être conscient, pour ensuite la défendre et la développer. Or, si, comme c’est la tendance actuellement, les banques suisses s’installent dans les différents marchés où vivent leurs clients, le risque est grand de voir se déliter peu à peu ce savoir-faire que le monde nous envie et notre place financière perdre ainsi de son importance.